Arbeit macht frei.

Ce petit texte est en fait la copie de la contribution que j'ai faites à un forum y'a quelques temps... pas très bonne en relisant. Mais bref on s'en tamponne, j'étais jeune et sot à l'époque ! Je suis pas faché de l'avoir écrit cependant, rien que pour les messages d'insultes que les nostalgiques d'un ordre malheureusement révolu, courageusement abrités derrière leurs ordinateurs, m'envoient de temps à autres.
Merci à eux !

"Le travail rend libre"... Cette devise, forgée dans le fer, etait le message de bienvenue adressé aux déportés qui arrivaient au camp d'auswitch. Quelle ironie non ?

Car le travail ne rends pas libre, il aliène l'esprit et détruit les corps, voilà ce qu'en écrivit Bob Black : "Le travail est un meurtre en série, un génocide. Le travail tuera, directement ou indirectement, tous ceux qui lisent ces lignes. Dans ce pays, le travail fait chaque année entre 14000 et 25000 morts, plus de deux millions d'handicapés. 20 à 25 millions de blessés. Et encore, ce chiffre ne prend-il pas en compte le demi-million de maladies professionnelles. Il ne gratte que la superficie. Ce que les statistiques ne montrent pas, ce sont tous les gens dont la durée de vie sera raccourcie par le travail. C'est bien ce qui s'appelle du meurtre! Pensez à tous ces toubibs qui crèvent à 50 ans, pensez à tous les "workaholics"! Et même si vous ne mourrez pas pendant votre travail, vous pourrez mourir en vous rendant au travail, ou en en revenant, ou en en cherchant, ou en cherchant à ne plus y penser. Naturellement, il ne faut pas oublier de compter les victimes de la pollution, de l'alcoolisme et de la consommation de drogue liées au travail. Là, on atteint un nombre de victimes multiplié par 6, seulement pour pouvoir vendre des big macs et des cadillacs aux survivants!"

Il y a 2300 ans Aristote écrivait "Si chaque outil pouvait exécuter de lui-même sa fonction propre, si par exemple les navettes des tisserands tissaient d'elles mêmes, le chef d'atelier n'aurait plus besoin d'aides, ni le maître d'esclaves." Pourtant, si la machine a remplacées le labeur des hommes, c'est pour faire d'eux des esclaves, qui ne vivent que pour l'alimenter et non pour vivre de son produit.

L'écrasante majorité du travail est en plus effectué en pure perte : franchement, avons-nous besoin d'assurances, de banques, d'armes et de 4x4 climatisés pour vivre ?!? certainement pas, l'arrêt de tout ce labeur accompli en vain libérerait des hordes de gens qui pourront se consacrer entièrement à leurs loisirs sans avoir besoin de se tuer à la tâche pour produire des biens ou des services qui ne servent à rien sinon à épuiser les ressources du corps, de l'esprit et de la terre. Pensez aussi aux flics, aux soldats, aux transporteurs de fonds et aux légions de gardes-chiourne que ne travaillent que pour protéger les biens d'autrui, quand bien souvent ceux-ci ne leur appartiennent pas, et ne leur appartiendront jamais.

La paresse est la vertue des sages, les grecs des temps anciens méprisaient le travail, qu'ils considéraient comme avilissant et indigne d'un homme.

Pourtant les chomeurs sont mal considérés, toujours montrés du doigts, traités avec condescendance quand ce n'est pas de la pitié. On les fait culpabiliser comme si on voulait les rendres responsables de leur misère.

Les chômeurs sont l'avant-garde de l'humanité de demain : un humanité fondée sur la paresse, le plaisir et le jeux. Nous avons les moyens d'y parvenir, car si dans le passé seul les esclaves permettait aux oisifs - généralement des nantis, mais pas toujours - de s'adonner sans retenue à la vie, aujourd'hui la science et la technologie à le pouvoir de les affranchir.

Ami chômeur, n'aie plus honte de ce que tu es ! Si tu veux travailler, libre à toi de le faire... mais pense à ce que tu as a y perdre.

Le 30 mars 2003.

A lire aussi :
Le manifeste des chômeurs heureux
Le droit à la paresse, par Paul Lafargue.
Travailler moi jamais, de Bob Black aux éditions "L'esprit frappeur".
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